Il ne fait pourtant de tort à personne,
en suivant son chemin de petit bonhomme.
Mais les braves gens n'aiment pas que
l'on suive une autre route qu'eux.

Olivier Cousin est vigneron à Martigné-Briand en Anjou. Il travaille ses vignes en bio, avec ses chevaux, vinifie ses vins sans additif, loue une partie de ses terres à des jeunes vignerons, en forme d'autres au travail des vignes en traction animale, embauche de nombreux vendangeurs chaque année... Ses vins se vendent bien, s'exportent partout dans le monde et se trouvent proposés à la carte de nombreuses bonnes tables.
Et tout ça sans demander la fameuse appellation d'origine contrôlée (AOC) ; ses vins sont (dé)classés en vin de France, mention remplaçant aujourd'hui celle de vin de table, ce qui interdit d'en mentionner l'origine géographique. Olivier a en effet choisi de ne plus solliciter l'AOC, car elle autorise des pratiques aberrantes et contraires à l'obtention d'un vrai vin de terroir, mais sans renoncer à dire que son vin est bien produit en Anjou.
"Coucouse", esprit frondeur et farceur, dont l'humour n'est pas la moindre des qualités, a ainsi osé écrire "Anjou Olivier Cousin" sur ses cartons et "Anjou Pur Breton" sur ses bouteilles de cabernet (le "breton" étant le petit nom du cabernet franc dans la région).
Pour cette bonne blague, il est aujourd'hui accusé de "faire du tort à son appellation" et menacé par la répression des fraudes d'une amende qui pourrait atteindre 30 000 €.
Comment comprendre une telle sanction, qui pourrait menacer la survie de l'activité ? Aberration bureaucratique, excès de zèle, volonté de faire un exemple et de dissuader d'autres candidats à l'humour ?
Et outre le montant de l'amende, qui fait aujourd'hui du tort à son appellation ? Olivier Cousin, acteur du renouveau angevin, mondialement reconnu pour la qualité de son travail ? Ou plutôt tous ces vins issus de rendements déments, de sols malades gavés d'engrais et de pesticides, de vendanges à la machine, réglementairement chaptalisés et/ou acidifiés, levurés, hyper-sulfités, et finalement imbuvables malgré leur appellation d'origine contrôlée ?
Pour soutenir Olivier Cousin, vous pouvez signer le courrier au procureur proposé par Sylvie Augereau sur son site Glougueule.